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LES FICHES TECHNIQUES |
Le bio-réacteur
à membrane :
vers une gestion globale de l'eau |
| F. Petitpain |
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L'eau est un des principaux enjeux des années à venir. Les
industriels consomment des quantités d'eau importantes pour les circuits de
refroidissement les lavages de sols, de cuves et de tuyauteries, pour l'alimentation
des chaudières mais aussi pour les fabrications. L'industriel doit faire face
à un certain nombre de contraintes liées à cette consommation d'eau:
- Le prix de l'eau de ville ne fait qu'augmenter.
- La qualité des eaux de rivière impose à l'industriel de
réaliser un traitement complémentaire plus ou moins poussé.
- Les eaux de forage sont généralement de bonne qualité et
peu taxées mais le 6ieme plan de l'Agence de l'eau prévoit une augmentation
de ces taxes.
D'autres contraintes sont liées aux rejets ;
- Pour ses effluents l'industriel paie une taxe d'assainissement
à la municipalité qui traite ses effluents, et une taxe de rejet à lAgence
de l'eau. Là encore, il faut prévoir une augmentation substantielle de cette
taxe au cours du prochain plan de l'Agence de l'eau.
- De plus, une nouvelle directive européenne impose aux industriels
du secteur des industries alimentaires un degré de fiabilité d'exploitation
des installations très élevé pour les stations d'eaux résiduaires (de 87 à
93 % d'échantillons bons au cours de l'année).
- Certains décrets préfectoraux imposent une qualité de rejet
telle que l'industriel pourrait réutiliser une partie de ces effluents en
usine.
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1 - LE CONCEPT DE GESTION GLOBALE DES EAUX |
Face à ces contraintes, le recyclage de tout ou partie des
effluents permet à l'industriel :
- de minimiser son coût global de l'eau (appoint + rejet)
;
- de s'affranchir de son environnement au sens large du terme.
Il faut donc examiner le problème de l'eau sur un site industriel
dans sa globalité en incluant dès la conception de l'usine les différentes possibilités
de recyclage.
Pour permettre un recyclage optimal, il faut en effet éviter
de mélanger les effluents qui, une fois dilués, représentent un débit trop important
pour être traités de façon économique.
La pollution est traitée au point de production et non plus
au "bout du tuyau". Néanmoins, le recyclage nécessite une très bonne
connaissance des procédés de fabrication afin de répondre aux questions fondamentales:
- où traiter ?
- vers quel atelier recycler ?
- quelle va être l'influence du recyclage sur la qualité
finale des produits ?
Un outil fiable pour permettre le recyclage d'effluents dans
le cas où ceux-ci sont biodégradables est le bio-réacteur à membrane.
Le bio-réacteur à membrane (BRM) est une technologie innovante
en ERI (Eau Résiduaire Industrielle) qui met en uvre des technologies
et des matériels récents et performants.
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2 - LE BIO-REACTEUR A MEMBRANE |
Le bio-réacteur à membrane est une installation d'épuration
réalisant en continu deux fonctions dissociées physiquement en deux lieux :
- une fonction d'épuration dans le bio-réacteur ;
- une fonction de séparation dans le bloc membrane.
Ainsi, l'élimination des pollutions dissoutes et particulaires
permet d'obtenir une eau traitée d'excellente qualité pouvant être réutilisée
pour un certain nombre d'applications.

Bio réacteur à membrane
LE BIO-RÉACTEUR
Le bio-réacteur est le lieu de la dégradation biologique de
la pollution. C'est un réacteur biologique dans lequel se développe une biomasse
adaptée de microorganismes. Ceux-ci dégraderont la pollution dissoute dans l'effluent
grâce à l'apport d'oxygène par le système d'aération.
L'aération
Le bio-réacteur présente un meilleur transfert d'oxygène que
les bassins d'aération classique pour les raisons suivantes :
- forte hauteur d'eau augmentant le temps de contact et donc
d'échange et de diffusion de l'air dans l'eau;
- l'alimentation par des réacteurs statiques immergés de
très fines bulles qui augmentent encore les surfaces d'échange air/eau ;
- asservissement des surpresseurs d'air par des sondes d'oxygène
dissous et de Redox qui limitent les consommations en énergie.
Les conditions de fonctionnement du bio-réacteur (forte charge
volumique) font que celui-ci occupe un faible volume et surtout un très faible
encombrement au sol.
LE SYSTÈME DE FILTRATION
La première étape (le bio-réacteur) sert à dégrader la pollution,
digérée par les bactéries. La deuxième étape importante du traitement de l'effluent
est la séparation de l'eau traitée d'avec la boue.
En effet, eau et boue sont intimement mélangées sous forme
de boue biologique. Leur séparation va se faire grâce aux membranes.
- Le gavage : la pompe de gavage alimente le bloc membrane en liqueur mixte
(effluent + boue biologique) et permet une mise en pression du système.
- La recirculation du concentrat : l'effluent qui arrive dans les membranes
est riche en biomasse : c'est le concentrat. Il subit une filtration tangentielle
par une recirculation intense en boucle fermée. Cette recirculation va permettre
la filtration du concentrat à travers la membrane en limitant le colmatage
grâce à la vitesse de balayage.
- Le bloc membrane
Les membranes peuvent être minérales ou organiques et de type
micro filtration ou ultrafiltration.
La membrane joue ici le rôle de filtration du concentrat. Elle
est une barrière physique infranchissable aux particules de taille supérieure
au seuil de coupure choisi (en général inférieur à 0,1 micron, dans la zone
microfiltration / ultrafiltration). Aucune particule, et notamment aucun micro-organisme
(bactéries ... ), ne peut donc se retrouver dans le perméat.
LE POSTE DE NETTOYAGE EN PLACE
Le poste de nettoyage en place permet le lavage et le rinçage
des membranes. Il est automatisé et alimenté par les bâches d'acide et de base.
La séquence de lavage se déclenche et se réalise automatiquement.
Les réactifs acide et basique s'autoneutralisent et sont renvoyés en tête de
station.
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3 - BRM ET STATION CLASSIQUE EQUIVALENTE |
Pour obtenir les mêmes résultats (en MeS (Matière en suspension)
et DCO (Demande Chimique en Oxygène)) que le BRM, la station classique équivalente
multiplie les postes (bassin aéré + clarificateur + flottateur + filtre à sable
+ filtre à charbon ... ) et donc les sources de problèmes tout au long de la
chaîne (surveillance, exploitation, pannes, ...).

Installation de SICOS
à Candry.
Vue du bloc membrane du BRM
Les avantages du BRM sur une station classique sont essentiellement
:
-la sécurité (la membrane est une barrière physique infranchissable)
;
- un nombre d'éléments réduit au minimum dans la séquence
de traitement ;
- la souplesse de fonctionnement (le bio-réacteur et le bloc
membrane peuvent être découplés très facilement) ;
- la souplesse d'exploitation (automatisation, tuyauteries
et vannes, biologie acceptant mieux les à-coups de charges)
- la compacité.
Dans une station classique, le clarificateur est le facteur
limitant. Pour le BRM, la gestion de la biomasse est indépendante de celle des
flux hydrauliques.

Comparaison BRM
et station classique équivalente
Le clarificateur entraîne des risques de rejet de matière en
suspension (MeS), de prolifération de bactéries filamenteuses (surtout avec
des effluents très biodégradables) et nécessite donc une surveillance accrue
et des traitements tertiaires de sécurité (flottateur), consommateurs de réactifs
(chlorure ferrique, charbon actif, ... ).

Installation de
SICOS à Caudry.
Traitement par dessablage, dégrillage, dégraissage.
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4 - APPLICATION AVEC POSSIBILITÉ DE RECYCLAGE PAR NANOFILTRATION |
EXEMPLE DE LA LAITERIE S. L. V. 0.
Laiterie : 500 m3/j - 1 500 kg DB05/j.(Demande Biologique en
Oxygène à 5 jours)
Recyclage d'eau dans l'usine 350 m3/j, soit 70 %.
Les rejets vers le milieu récepteur sont donc considérablement
diminués par rapport à une station de boues activées classique :
- en quantité: diminution de 70 % des rejets grâce aux réutilisations
d'eau traitée pour les premiers lavages et rinçages dans l'usine. Par conséquent,
diminution de 70 % des prélèvements en eau sur le milieu naturel ;
- en qualité : aucun rejet de nature en suspension et diminution
de 90 % des flux de DCO et DB05 rejetés au milieu récepteur.
Le recyclage de 70 % peut passer facilement à près de 100 %
par l'ajout d'un système de nanofiltration (NF) après le BRM.
En effet, l'excellente qualité de l'eau traitée (pas de MeS)
rend inutile tout prétraitement avant nanofiltration ou osmose inverse. Il suffit
de réaliser une simple nanofiltration (basse pression, petit débit) sur le volume
d'eau que l'on souhaite utiliser pour des usages nobles.
Ainsi, le BRM traitera 100 % du débit et la nanofiltration
seulement 30 %. Bien sûr, une purge de sel sera nécessaire, mais celle-ci représente
un débit négligeable.
La grande fiabilité de fonctionnement du BRM et l'excellente
qualité de l'eau traitée autorisent le bouclage d'une majeure partie des circuits
d'eau. De plus, le BRM protège le milieu récepteur par un prélèvement d'eau
et un flux polluant rejeté diminués.
Amenant l'industriel à réfléchir globalement sur la gestion
de l'eau dans l'usine, à repenser ses circuits d'eau et à modifier ses comportements.
Le bioréacteur à une membrane correspond à une première démarche vers l'usine
propre du futur.
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Station classique
BRM |
BRM |
| Débit d'eau traitée |
m3/j |
500 |
500 |
| Pollution en DB05 |
kg/j |
1500 |
1500 |
| Recyclage d'eau traitée |
m3/j |
0 |
400 |
| Débit consommé par l'usine |
m3/j |
500 |
100 |
| Volume d'aération |
m3 |
4300 |
600 |
| Surface totale au sol de
la station |
m3 |
1300 |
260 |
| DCO de l'eau traitée |
mg/l |
90 |
50 |
| DB05 de l'eau traitée |
mg/l |
30 |
5 |
| MES de l'eau traitée |
mg/l |
30 |
0 |
| |
BRM + NF |
| Prélèvement d'eau dans le
milieu m3/j |
0 |
| Consommation d'eau potable
m3/j |
40 |
| Rejet au milieu m3/j |
40 |
| DCO kg/j rejeté dans le milieu |
7 |
| MeS kg/j rejeté dans le milieu |
0 |
Françoise PETITPAIN
Chef de Marché
DEGRÉMONT
183 avenue de 18 juin 1940
92508 Rueil-Malmaison Cedex
Tél. : (1) 46 25 60 00
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